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PRAYERS: From dog to god

Goth gangsta ? Non, man, cholo-goth ! C’est du moins ce qu’affirme Rafael Reyes, ‘fondateur’ du style (en admettant qu’on puisse parler de style). Débarqué enfant de son Mexique natal à San Diego, le jeune garçon rejoint un gang dès l’adolescence afin de protéger son père suite à une escarmouche. Suivent les rituels du genre, musculation, tatouages, violences…Vers ses dix-huit ans, il décide d’abandonner cette vie pour donner un coup de main au paternel dans la gestion du premier restaurant mexicain végétarien/végétalien.

Près de vingt ans après, suite au décès du père, Rafael revend l’affaire à son frère. Bien que officiellement retiré des gangs, Rafael a maille à partir avec la justice. Suite à des récidives en matière de violence, il doit purger une peine derrière les barreaux. Il en profite pour tenter de reprendre sa vie en main, écrit un livre, ‘Living dangerously’, qu’il promeut à sa sortie de prison en tournant dans la Californie. Il se met également à la peinture, sculpte à partir de crânes d’animaux et de métal, expose.

En 2011, il décide de se mettre aussi à la musique. Bien qu’ayant grandi au milieux de la violence de la rue et de la culture des gangs, il a également découvert par la télévision le monde gothique qui le fascine par son imagerie et les thèmes abordés. Après avoir lancé deux projets, Vampire et Baptism of thieves, il stabilise sa création musicale suite à la rencontre avec David Paley, sorte de sosie de Raspoutine originaire de Tijuana. L’entente est immédiate. L’ambition de Rafael est de casser les barrières entre genres. Malgré son côté latino ‘gangsta’ tatoué, il se vernit les ongles en noir, porte du maquillage sombre, des lunettes de soleil, accroche une croix à son oreille, met des bottes pointues…Alors qu’on s’attendrait à le voir se la jouer star du ghetto en rampant, lui opte pour une musique synthétique. Combinant des influences new wave froides et pop sombres assurées par son collègue, il pose d’une voix désespérée et plaintive ses textes glauques évoquant son quotidien dans la violence, ses interrogations mystiques…

Le duo opte pour le nom de Prayers et enregistre un LP qui lui vaut assez de reconnaissance pour assurer la première partie de The Cult en 2013. Un an après, c’est la sortie d’un mini digital, ‘Gothic summer’ (référence à la violence accrue dans les banlieues lors des canicules californiennes). En parallèle, Rafel se produit en solo sous le nom de Nite Ritual et gère une structure destinée aux ex-membres de gang désireux de s’en sortir par la musique...

Shelleyan T.Brecht

DISCOGRAPHIE:

- SD Killwave (2013)
- Gothic summer (2014)

Tommi Stumpff: punk électronique

Tommi Stumpff, de son vrai nom Thomas Peters, naît en 1958 à Dusseldorf mais c’est d’abord à Paris puis Bruxelles qu’il passe ses jeunes années avant d’y revenir. Ces pérégrinations lui permettront de se frotter à la langue française qu’il utilisera régulièrement au cours de sa carrière solo. Le jeune homme, forte tête, est séduit par le mouvement punk qui se développe en Allemagne et devient chanteur du groupe der KFC, aujourd’hui reconnu comme l’une des formations séminales du genre au Pays de Goethe.

Tommi se forge une réputation de bagarreur et de provocateur car il n’aime pas l’apathie développant un chant et un jeu de scène instinctifs et émotionnels. Le punk rock lui paraît vite trop étroit pour s’exprimer; la révélation lui vient lors d’une visite en Belgique où il se familiarise avec la culture EBM (Electro Body Music) naissante sous l’impulsion de combos tels que Front 242. Il redécouvre la musique des pionniers américains du genre, Suicide, ainsi que ses compatriotes Die Krupps et D.A.F.

Avec la fin de der KFC, il décide de se lancer en solo en 1981 en mêlant rage punk et musique électronique. Un peu prématuré peut-être ? Son premier album, ‘Zu spät, ihr Scheisser. Hier ist: Tommi Stumpff’ (pourtant excellent) est un flop et se vend très mal. Tommi décide d’accentuer l’aspect agressif et sort le single ‘Contergan punk’ sous la houlette du fameux producteur Conny Plank. Bingo ! Il pose les bases de son son, un mix inédit d’EBM, d’expérimentation industrielle et d’énergie punk.

Après la sortie d’une poignée de singles, son second album, ‘Terror II’ sort en 1988. Tommi y confirme un goût pour les langues puisqu’il alterne textes en français, allemand et anglais. ‘Ultra’, autre oeuvre notable, suit un an plus tard. Il profite de sa notoriété pour rééditer ses premiers travaux sous forme de la compilation ‘Mich kriegt ihr nicht’.

Il sortira régulièrement des albums en 1991, 92 et 93 avant de décider de mettre fin à sa carrière musicale pour se consacrer à l’informatique. En 2007 pourtant, il effectue quelques réapparitions avec der KFC et en solo. Il tient également un blog en allemand, http://tommi-stumpff.blogspot.ch/.

Un album en particulier ? J’ai un faible pour la compilation ‘Mich kriegt ihr nicht’ ainsi que pour le second, ‘Terror 2’ mais ‘Ultra’ est très bon également. Si vous aimez le punk 77, ne zappez pas non plus les deux albums de der KFC: ‘Knülle im Politbüro’ et surtout ‘Letzte Hoffnung’.


Shelleyan T.Brecht


Catherine Ribeiro: des yéyés à l'avant-garde...

Catherine Ribeiro + Alpes
Catherine Ribeiro naît à Lyon en 1941 de parents portugais. Elle a à peine 17 ans lorsqu’elle monte à Paris pour suivre des cours d’art dramatique. Elle débute une carrière d’actrice en tournant pour Jean-Luc Godard notamment. C ‘est sur le tournage de son film ‘Les Carabiniers’ qu’elle rencontre Patrice Moullet, personnage important dans sa vie puisqu’il sera son compagnon et qu’il restera collaborateur même après leur rupture. C’est pourtant la chanson qui l’attire davantage. Elle débute une carrière en tant que chanteuse yéyé à l’époque où le genre cartonne en France mais, bien que ses albums se vendent correctement, Catherine détonne d’emblée. Elle déteste le monde du show-business et les compromis hypocrites qu’il entraîne. Elle écrit beaucoup de poèmes assez cinglants et Patrice Moullet (qui les a lus) l’encourage à les mettre en musique.

La jeune femme ne va pas bien, elle tente de mettre fin à ses jours mais se rate. Cet évènement est un véritable point de départ pour sa carrière. Celle que l’on cherchait à cantonner au rôle d’artiste yéyé se révèle une personnalité forte, intelligente et avant-gardiste. Au diapason des problèmes de son époque, elle s’impose comme une personnalité sombre, envoûtante, ne reculant devant rien pour faire valoir ses vues; elle refuse le play-back, de chanter deux soirs de suite pour ne pas fatiguer sa voix, éclaire ses concerts à la bougie…Avec Patrice Moullet, elle forme le groupe ‘2Bis’ et enregistre un album. Patrice n’est pas seulement un musicien mais aussi un créateur d’instruments et bien qu’arborant une imagerie qualifiée de hippie, le groupe témoigne d’un profond sens de l’avant-garde en bouleversant les structures habituelles de l’époque.

2Bis devient Alpes et les disques s’enchaînent, mêlant structures progressives, textes poétiques, lucides et torturés, sonorités neuves…Les paroles sont si sombres que Phillips fait apposer la mention ‘Les paroles de ses chansons n’engagent que son auteur’ sur le troisième disque. Le groupe donne souvent des concerts dans des églises ou des cathédrales, seuls lieux à même de retranscrire leur vision artistique globale. Parallèlement, Catherine renouera brièvement avec le cinéma. En 1975, invitée à une émission en hommage à Léo Ferré, elle refuse d’y participer, n’ayant pu interpréter le morceau qu’elle souhaitait, prouvant également son refus de tout compromis.

Les disques s’enchaînent. Malgré sa réputation parfois sulfureuse et son boycott médiatique, Catherine est nommée « Chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres » en 1983. Ses concerts avec Alpes sont toujours des événements et remportent un vrai succès. Elle a également concrétisé en parallèle le projet d’enregistrer un hommage à Edith Piaf, en 1975.

En 1982 cependant, Alpes se sépare suite au départ de Patrice Moullet qui souhaite se consacrer à la recherche musicale. Catherine poursuit en solo, épouse son nouveau compagnon, maire de Sedan, en 1984 et interprète des classiques de la chanson française tels que Léo Ferré ou Edith Piaf. Cette période verra un certaine déclin artistique ainsi que divers problèmes d’ordre personnel, sa première fille étant devenue toxicomane. Elle renoue avec la musique au début des années 90 et souhaite même reformer Alpes avec Patrice Moullet mais le projet échouera bien qu’un album ait été planifié. En 2005 pourtant, elle propose un concert avec un ex-musicien de Alpes incluant des morceaux anciens et récents, composés en collaboration avec Patrice Moullet. Elle profite d’une date au Bataclan en 2007 pour enregistrer un  disque live, son cinquième seulement en près de quarante ans de carrière.

Aujourd’hui, Catherine qui n’a toujours pas mis d’eau dans son vin, préfère rester discrète et se tient à l’écart des médias. Son travail avec Alpes est
Catherine Ribeiro
enfin reconnu et salué comme l’un des essais les plus novateurs de la scène française des seventies. Militante, elle n’a jamais hésité à recourir aux coups d’éclats pour faire valoir ses idées et ses convictions (grève de la fin, refus d'émission...).

Discographie essentielle:

-'Paix'
- 'Le rat débile et l'homme des champs'
ou
Coffret 4 albums essentiels de 'Catherine Ribeiro + Alpes'

Shelleyan T. Brecht

The Misfits: Au bordel du Diable

Logo du groupe
The Misfits première époque
C’est en 1977 qu’un certain Glenn Danzig, las de jouer dans des combos sans importance, décide de créer un projet plus sérieux qu’il baptise ‘The Misfits’ en hommage à un film de Marilyn Monroe. Lui même assure le chant et le clavier tout en écrivant les chansons et les paroles. Flanqué de son pote Manny à la batterie, il peine à trouver un line-up stable jusqu’à ce que ce dernier lui parle d’un joueur de football américain, Jerry Only, qui possède une basse. Celui-ci n’a pas beaucoup d’expérience de la musique mais le trio répète quand même et enregistre un premier single (‘Cough’/‘Cool’). Très axé sur le clavier, ce premier essai revendique une influence marquées par les Doors, notamment de par le timbre de Glenn. Pourtant, l’émergence du punk rock titille les oreilles du jeune homme. Il laisse tomber le clavier pour se concentrer sur le chant et recrute un guitariste pour compléter la formation. Fan de science-fiction, d’horreur et de films de série B, il préfère s’en inspirer plutôt que de traiter de domaines sociaux ou politiques. Sans le savoir, il vient de jeter les bases d’un style unique dont s’inspireront nombre de groupes par la suite: l’horror punk. Début 1978, les Misfits partent à New York enregistrer leur premier album après avoir remplacé Manny par Mr Jim derrières les fûts. Les labels se montrent frileux et le disque restera inédit des années. Pour se démarquer, Glenn et Jerry décident de renforcer leur visuel en adoptant maquillage macabre, tenues ornées d’os, clous, coiffure spéciale avec longue mèche sur le front…Les concerts se succèdent et le groupe commence à avoir un peu de succès mais le batteur et le guitariste le lâchent. Ils sont immédiatement remplacés mais la stabilité du personnel restera un problème récurrent.

Fidèles à la philosophie Do It Yourself (DIY), Glenn crée un fan club, le Fiend Club, qui lui permet de rester en contact avec les fans tout en imprimant des t-shirts et divers objets aux couleurs du groupe. En 1979, après un concert des Damned à New-York, la possibilité est envisagée que les Misfits accompagnent ces derniers pour une tournée britannique mais l’ambiance est mauvaise et les Américains s’en vont après deux dates. Excédé, le batteur s’en va. De retour aux USA, les autres se préparent à enregistrer un nouvel opus avec un nouveau guitariste qui n’est autre que le frère de Jerry, Doyle, fan du combo de son frangin. Cette fois, un label se montre intéressé et ‘Walk among us’ devient le premier LP officiel bien que les Misfits aient sortis plusieurs singles. En 1982 est organisée une tournée qui aboutira au disque live ‘Evillive’. Mais Glenn commence à se désintéresser des Misfits. Il prévoit la création d’un projet parallèle du nom de Samhain et ébauche quelques titres. Il s’en servira finalement pour compléter le nouvel album des Misfits. Les divergences musicales se faisant de plus en plus fortes, Glenn décide de les dissoudre pour se consacrer pleinement à Samhain.

Doyle, converti, décide de créer une formation metal chrétienne, Krist the Conqueror, qui ne rencontrera aucun succès. De nombreux groupes connus se mettent à afficher ouvertement leur goût pour les Misfits. Leur catalogue est réimprimé et débute un imbroglio juridique, Jerry voulant obtenir une plus grosse part des droits d’auteur. Débouté, il finira par passer un compromis avec Glenn qui rencontre un grand succès avec sa nouvelle formation, Danzig, en 1995. Only obtient le droit d’enregistrer sous le nom de Misfits et de partager les droits de merchandising. Devant le refus de son ex-chanteur de revenir, Jerry engage Michael Graves pour tenir le micro, recrute Doyle, moins fervent dans sa foi, ainsi que l’ex-batteur de Krist the Conqueror. Les Misfits nouvelle formule enregistrent deux albums mais très vite les rumeurs contradictoires de dissolution affluent. Jerry se retrouve seul, crée son label, produit un combo japonais du nom de Blazac très influencé par le son des Misfits et enregistre un album de reprises des années 50, ‘Project 1950’, avec dans les rangs un ancien Black Flag et un ancien Ramones. De nombreux concerts suivront et en 2011, la formation sort même un nouvel opus’ The devil’s rain’.

L’influence des Misfits est aujourd’hui reconnue comme essentielle dans toute la scène horror punk, hardcore, metal et leur logo à tête de goule ainsi que le merchandising forcené en dérivant a fait d’eux une icône essentielle de la culture underground.

Shelleyan T. Brecht

Rokk í Reykjavik: scènes punk et wave islandaises des années 80

K.U.K.L.
Q4U
Sans le savoir, les parents de Einar Örn Benediktsson ont contribué à l’avènement de la scène punk en Islande. Comment ? En divorçant. Un beau jour de 1977, le père parti s’installer en Grande Bretagne ramène à son fiston un disque des Buzzcocks. C’est un choc pour l’adolescent. En vacances chez son paternel, il n’aura de cesse de renseigner sur ce nouveau mouvement qui lui paraît correspondre à son tempérament et d’acheter des disques qu’il s’empresse de ramener dans son île. Il va s’acharner par tous les moyens à faire connaître ce nouveau style qui le passionne tant. Il participe à l’organisation du concert des Stranglers en 1978, s’arrange pour faire venir les Clash grâce à des contacts noués en Angleterre, prend part à la sortie du premier album des pionniers du punk rock islandais, Fræbbblarnir. De son côté, le jeune Bubbi Morthens (aujourd’hui l’un des chanteurs les plus populaires d’Islande) vient de créer avec les frères Pollock un combo du nom de Utangarðsmenn qui ouvrira pour les Clash justement. Impressionné par l’énergie de Einar (qui n’a que dix-huit ans), le groupe lui demandera d’être leur agent. Leur carrière sera brève mais séminale. Bubbi flanqué de son frère part fonder Egó tandis que les frangins Pollock créent Bodies, tous les deux plus orientés post-punk. Carrière brève aussi. Et Einar alors ? Il débarque à la répétition de trois de ses potes. Sur un coup de tête, ils lui tendent le micro. Lui qui ne sait pas chanter développe alors un mélange de chant, de cri, de spoken word, le tout interprété dans un état d'agitation quasi épileptique. Purrkur Pillnikk est né. Pour lancer leur carrière, il s’adresse à des connaissances qui vont créer le label Gramm d’abord uniquement destiné au groupe avant de signer d’autres formations, notamment Tappi Tikarrass dont la chanteuse est une certaine Björk. Reykjavik est alors en plein boum, l’énergie punk se répand comme une traînée de poudre, les concerts se multiplient, les groupes se forment comme en témoigne un documentaire baptisé ‘Rokk i Rekjavik’ sorti en 1982 dressant un état des lieux et des motivations en ce qui concernent les musiciens. On y découvre par exemple Sjálfsfróun (masturbation), trois gosses âgés d’à peine 15 ans, habitués à se défoncer à la colle et à l’essence, pratiquement incapables de jouer de leurs instruments mais le meilleur exemple de la philosophie punk. La performance des Clash a impressionné un autre groupe, Þeyr, qui décide de changer d’optique d’écriture. La présence en leur sein de Hilmar Örn Hilmarsson, artiste multi-facettes, très impliqué dans la religion Asatrù, les pousse à s’intéresser à l’occultisme, le paganisme, la philosophie…Leur rencontre avec Jaz Coleman, leader de Killing Joke venu se réfugier en Islande pour échapper à une fin du monde qu’il croit imminente, sera déterminante. Après le split, leur batteur, Sigtryggur Baldursson, se lie avec Einar et Björk dont les formations respectives viennent de se séparer pour fonder le collectif K.U.K.L., projet aussi atypique que les Virgin Prunes en Irlande, dont les contacts noués avec la scène anarcho-punk britannique conduiront à la signature sur le label de CRASS qui viendront même jouer à Reykjavik. Après une tournée éreintante en Europe, K.U.K.L. se termine, donnant naissance aux Sugarcubes qui révéleront au monde entier l’existence du rock islandais. L’influence de Killing Joke a marqué un autre combo, Vonbrigði, dont le morceau ‘O Reykjavik’ peut être considéré comme le ‘Anarchy in the UK’ islandais. Délaissant le registre punk pur, ils orientent leur son vers quelque chose de plus sombre et torturé. Le bassiste de Fræbbblarnir lance lui aussi un autre projet, Q4U, avec un couple d’amis dont la chanteuse Elly, furie charismatique que certains voient comme un pendant islandais de Siouxise. Très vite, en effet, le groupe oriente son écriture vers un rock gothique post punk évoquant effectivement Siouxsie and the Banshees. Premier split, reformation avec boîte à rythmes pour une orientation darkwave. Si Reykjavik est en ébullition, le reste de l’île ne reste pas en retrait, ainsi Barra Flokkurinn, une bande de jeunes originaires de Akuyeri tout au Nord et amis avec le bassiste de Fræbbblarnir. Si l’énergie punk les stimule, ils sont également fans de Bowie et Roxy Music et développent une forme de new wave imaginative pleine de punch qui leur vaudra même un minimum de reconnaissance internationale grâce à deux LPs et un mini. Impossible de faire l’impasse sur Grýlurnar, formation 100% féminine qui pratique une forme de new wave éclatée à la Nina Hagen Band ou Jonee Jonee, étrange trio pour chant/basse/batterie. Même le groupe de rock progressif þursaflokkurinn se laisse contaminer et livre un album mêlant structures complexes et new wave pour sa fin de carrière. Parmi les suites de Þeyr, signalons Með Nöktum, excellent mais hélas éphémère projet ou l’ovni musical que constitue l’unique EP du guitariste Stanya. N’oublions pas les travaux de Hilmar Örn Hilmarsson tant en solo qu’au sein du collectif industriel Reptilicus sans négliger les collaborations avec Current 93, Psychic TV…Le constat ne serait pas complet sans H.S. Draumur, Frakkarnir (plutôt new wave), Sonus Futurae dont la pop synthétique s’inspire de Kraftwerk ou Human League. La fin des 80’s verra la fin de ce premier élan non sans l’apparition d’une formation du nom de Sogblettir dans laquelle joue le demi-frère de Björk, plus sombre, dans la veine inspirée par Killing Joke. On retiendra aussi Bleiku Bastarnir plutôt garage pour qui les Cramps seront une influence déterminante. Bubbi aura lui aussi un petit hoquet punk en 1984 en fondant un projet du nom de Das Kapital, le temps d’un disque. Beaucoup de ces groupes ne disparaîtront jamais franchement, ainsi Q4U qui se reformera au milieu des 90’s et qui après la réédition de leurs titres sous forme de deux excellents best of, en cd et en vinyle sont actuellement en train d’enregistrer de nouvelles compositions. Idem pour Fræbbblarnir et Vonbrigði. Bubbi a pondu un quatrième opus avec Egó en 2009 mais le son n’a plus rien de post punk. Einar collabore à un projet appelé Ghostigital mêlant electro, rap, punk qui a déjà produit deux albums. Et la scène actuelle ? Elle se porte bien, merci, mais ceci est une autre histoire.


DISCOGRAPHIE NON EXHAUSTIVE:

Q4U: Best of
K.U.K.L.: The eye
K.U.K.L: : Holidays in Europe
Egò: I Mynd
Fræbbblarnir: Viltu bjór væna ?
Vonbrigði: Kakófónia
Vonbrigði: O Reykjavik
Sogblettir: Sogbelttir
Purrkur Pillnikk: I  augum úti
Tappi Tikarrass: Miranda
Þeyr: As above…
Þeyr: Mjötviður til fóta
Grýlurnar: Mávastellid
Utangarðsmenn: Geislavirkir
Sugarcubes:Life’s too good
þursaflokkurinn: Gæti eins verið
Bara Flokkurinn: Lizt
Various artists: Rokk í Reykjavik (existe en DVD)